Actualité

Chute du niveau en mathématiques : pourquoi les élèves peinent à fournir l'effort nécessaire

Interrogée par Sud Ouest, Jessica Brienne, enseignante à Biarritz et présidente de l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public, estime que ce recul n'a rien de surprenant.

Chute du niveau en mathématiques : pourquoi les élèves peinent à fournir l'effort nécessaire

D'après les résultats PISA 2025 publiés par le Ministère de l'Éducation nationale, les élèves français de 15 ans ont perdu 35 points en culture mathématique par rapport à 2015. La baisse s'inscrit dans une tendance observée à l'échelle de l'OCDE. Interrogée par Sud Ouest, Jessica Brienne, enseignante à Biarritz et présidente de l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public, estime que ce recul n'a rien de surprenant.

Les variables du problème

Quatre facteurs ressortent de l'entretien.

  • Attractivité du métier. Les conditions de travail se dégradent. Peu de candidats au concours, beaucoup de démissions. Conséquence directe: des remplaçants non qualifiés en classe, sans didactique ni pédagogie rodée.
  • Concentration. Sur 23 ans de carrière, l'enseignante constate une baisse des capacités d'attention qui s'est généralisée. À force de scroller et de zapper, les élèves développent d'autres compétences, mais pas scolaires. La rétention d'information devient impossible si le sujet n'a pas de sens. Le manque de sommeil amplifie la variable.
  • Effectifs. La baisse démographique n'a pas servi à alléger les classes. Au collège, l'hétérogénéité des niveaux, notamment en troisième, complique la progression du programme sous la pression du brevet. L'accompagnement des élèves à besoins particuliers reste insuffisant.
  • Groupes de besoin. Le dispositif censé adapter les cours bute sur des contraintes pratiques, par exemple en seconde professionnelle avec les horaires des matières professionnelles.

Trois leviers à programmer côté élève

L'effort ne se décrète pas. Il se programme, comme une boucle.

1. Diminuer la charge informationnelle. Couper les écrans une heure avant un exercice. Consacrer 15 minutes par jour au calcul mental, téléphone hors de portée. Itérer la règle chaque soir.

2. Ritualiser la résolution. Avant chaque problème, isoler les données, la question, la méthode. Écrire l'équation ou l'algorithme sur papier avant tout calcul numérique. Si l'énoncé contient un graphique, le redessiner à main levée.

3. Vérifier chaque résultat. Une réponse juste doit passer trois tests: remplacement dans l'énoncé, contrôle de l'ordre de grandeur, opération inverse. Si un test échoue, retour à l'étape 2.

Ce qu'il faut surveiller

Les prochains résultats PISA ne suffiront pas à inverser la tendance. Trois indicateurs doivent être suivis de près: le nombre de candidats qualifiés au concours de professeur, les effectifs moyens par classe au collège, et la mise en œuvre effective des groupes de besoin.

Test de vérification rapide: reprendre un exercice raté la veille. Si la nouvelle résolution reproduit la précédente, la méthode n'a pas changé. Si elle diffère et donne le bon résultat, la procédure est acquise. Sinon, la boucle reprend à l'étape 1.