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Semaine des mathématiques 2027 : exploiter le thème de la lumière au collège

D'après Éduscol, le ministère de l'Éducation nationale a officialisé l'organisation de la 16e Semaine des mathématiques, prévue pour mars 2027, autour du thème « À la lumière des mathématiques ».

Semaine des mathématiques 2027 : exploiter le thème de la lumière au collège

Pour les collègues et les parents que nous accompagnons au fil de l'année, c'est un point d'appui bienvenu au moment où les derniers résultats PISA confirment un recul persistant du niveau en mathématiques chez les collégiens français — un signal que nous prenons au sérieux sans céder à l'alarmisme.

Un thème qui parle à l'œil autant qu'à la raison

Le choix de la lumière comme fil conducteur ouvre un espace que nous affectionnons particulièrement sur geombre.fr: celui où la géométrie cesse d'être une figure figée pour devenir une scène où l'on observe, où l'on projette, où l'on décompose. Quand un élève peine à saisir pourquoi deux triangles restent semblables après une rotation, le blocage vient rarement d'un manque de formules; il vient plutôt de ce que la manipulation mentale de la figure n'a pas été étayée. Le thème 2027 invite précisément à cela: faire entrer les mathématiques par le sensible, par l'expérience concrète d'un rayon, d'une ombre, d'un reflet, avant de formaliser.

C'est ici que la distinction nous semble la plus féconde entre deux postures pédagogiques. La première consiste à enchaîner les exercices d'application en espérant que la répétition finira par fixer les notions. La seconde consiste à aménager, en classe ou à la maison, des situations où l'élève voit, touche et verbalise ce qu'il observe. Les deux ont leur place, mais nous remarquons que la seconde construit un ancrage bien plus solide, surtout au collège, où l'abstraction décolle vite du vécu si personne ne l'a d'abord enracinée.

Le décrochage que confirment les chiffres

D'après le dernier classement PISA relayé par franceinfo, 36 % des collégiens sont aujourd'hui en difficulté en mathématiques, contre 23,5 % il y a dix ans. Dans le même temps, la part des élèves très performants a quasiment été divisée par deux, passant de 11,4 % à 5 %. Ce double mouvement — élargissement du socle fragile et rétrécissement du sommet — est sans doute plus instructif que chaque chiffre pris isolément. Il suggère que la discipline ne souffre pas seulement d'un manque d'entraînement, mais d'un appauvrissement progressif de l'image que les collégiens s'en font.

Or, précisément, une image appauvrie se reconstruit par l'expérience. Un enseignant de collège entendu dans ce reportage faisait observer qu'un élève de 6e maîtrisait autrefois les calculs mêlant additions et multiplications, là où beaucoup d'élèves arrivent aujourd'hui en 4e avec des lacunes sur ces mêmes automatismes. Le diagnostic est connu: ce sont souvent les premiers pas, mal assurés, qui grippent toute la suite.

La différenciation comme posture, pas comme étiquette

Le collège Vauban de Belfort, dont la démarche a été relayée par ici.fr, fait le choix d'une pédagogie différenciée pour répondre à cette hétérogénéité grandissante. Le mot circule beaucoup, parfois comme un slogan commode; il mérite d'être pris au sérieux. Différencier, concrètement, c'est accepter qu'un même objectif — comprendre la notion d'aire, par exemple — puisse être abordé par plusieurs chemins simultanés: un schéma à manipuler pour les uns, un petit problème concret lié aux soldes ou à la superficie d'un terrain pour les autres, une verbalisation écrite pour ceux qui mettent mieux les idées en mots qu'en chiffres.

C'est aussi, pour nous, une affaire de posture. Plutôt que d'attendre que tous les élèves rattrapent le même niveau par un exercice uniforme, aidons chacun à percevoir où il se trouve, puis à bâtir, à son rythme, la marche suivante. Pour les parents, cela peut prendre une forme très simple: un soir de Semaine des mathématiques 2027, proposer une activité courte où l'enfant cherche pourquoi l'ombre d'un bâton change de longueur dans la cour — puis lui demander de noter ce qu'il a observé. Cette trace modeste suffit souvent à consolider une notion que la leçon n'avait fait qu'effleurer.