Semaine des mathématiques : repenser l'apprentissage par le corps et le jeu
C'est précisément pour desserrer ce type de nœud que le Ministère de l'Éducation nationale donne, comme chaque année, le coup d'envoi de la Semaine des mathématiques, et que les Journées Nationales…

Nous voyons chaque année revenir le même obstacle chez l'élève de collège: face à un énoncé de géométrie, beaucoup cherchent la formule avant d'avoir cherché à voir. C'est précisément pour desserrer ce type de nœud que le Ministère de l'Éducation nationale donne, comme chaque année, le coup d'envoi de la Semaine des mathématiques, et que les Journées Nationales de l'APMEP, dont Le Café pédagogique vient de détailler le programme, investiront Strasbourg du 17 au 20 octobre.
Quand le savoir se danse avant de se démontrer
Le programme strasbourgeois, qui réunira près de 900 enseignants de la maternelle à l'université autour du thème « Maths in Stras' – Faire rayonner les mathématiques! », réserve une place inattendue aux formats qu'on ne croise pas d'ordinaire dans un congrès disciplinaire. On y trouvera des séances intitulées « Mathématique et magie » ou « Danser d'abord, penser ensuite », à côté d'ateliers plus classiques de résolution de problèmes, du C1 au C3, et de blocs consacrés à la fluence en calcul mental, aux grandeurs ou aux probabilités. Pour nous qui accompagnons des collégiens, ce signal mérite qu'on s'y arrête: l'entrée dans une notion passe bien souvent par le corps, par le jeu, par la manipulation, avant de se laisser formaliser à la table. Vouloir brûler ces étapes revient, la plupart du temps, à installer durablement l'incompréhension.
Dix ans de recherches en géométrie: ce que les collègues en disent
L'une des conférences annoncées propose un regard sur les liens entre la recherche en didactique de la géométrie et les collectifs d'enseignants. Trois intervenants, dont une professeure des écoles, reviendront sur plus de dix ans de collaborations entre chercheurs et praticiens — un éclairage précieux pour quiconque se demande comment transformer un savoir académique en geste d'enseignement quotidien. Anne-France Acciari, présidente de la Régionale d'Alsace de l'APMEP, précise que le programme pensé pour les professeurs des écoles met l'accent sur la résolution de problèmes, les jeux de société, la fluence en calcul mental, les grandeurs et les probabilités. Le parallèle avec le collège saute aux yeux: si l'école primaire parvient à installer un rapport sensible aux nombres et aux figures, le secondaire hérite, ou non, de ce terreau.
Ce que nous pouvons faire dès la prochaine séance
Au-delà du programme, la vraie question qui se pose à nous, enseignants comme parents, est celle du choix de progression: entre un cheminement strictement linéaire, où chaque notion s'enchaîne à la précédente comme les maillons d'une chaîne, et une progression spiralaire, où l'on revient sur les mêmes objets sous des angles renouvelés, laquelle soutient le mieux l'apprentissage au collège? Aidons l'enfant à percevoir que la géométrie n'est pas un répertoire de formules à mémoriser, mais un espace d'exploration où l'erreur a sa juste place. Concrètement, trois leviers méritent d'être activés dès la rentrée: varier les supports (schémas à main levée, découpages, tracés en plein air), accueillir les chemins de traverse comme des indices plutôt que comme des fautes, et prévoir des temps courts mais réguliers où l'élève revoit seul, à voix haute, ce qu'il a manipulé la veille. C'est souvent dans cette régularité, plus que dans l'exploit ponctuel, que se consolident les apprentissages durables.