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Pourquoi les collégiens peinent à maîtriser les tables de multiplication

Selon un témoignage relayé par jeuxvideo.com, un professeur de mathématiques constate que nombre de ses élèves de la génération Z ne maîtrisent plus leurs tables de multiplication.

Pourquoi les collégiens peinent à maîtriser les tables de multiplication

Cette remarque, venue du terrain, fait écho à une difficulté que beaucoup d'entre nous observons aussi dans nos classes et nos familles: l'ancrage des automatismes numériques semble s'effriter au moment même où les programmes demandent davantage de raisonnement.

Quand le blocage se loge dans le réflexe

L'enseignant cité par le média souligne que ses élèves peinent à restituer rapidement les produits de base, et que ce manque de fluidité rejaillit sur tout l'édifice mathématique: fractions, priorités opératoires, calcul littéral, résolution d'équations. Nous le voyons clairement, la suite d'une multiplication n'est pas qu'un savoir isolé: c'est un socle sur lequel reposent les notions qu'un collégien doit bâtir au cycle 4. Sans cette étagère stable, l'élève passe son énergie cognitive à chercher 7 × 8 au lieu de comprendre pourquoi on distribue un facteur sur une parenthèse.

Le ministère de l'Éducation serbe, rapporte par ailleurs KoSSev, a reconnu publiquement que les professeurs de mathématiques figuraient parmi les plus touchés par la pénurie d'enseignants, aux côtés de ceux de physique, chimie, biologie et géographie. Le ministre Dejan Vuk Stanković a détaillé plusieurs leviers: bourses pour les étudiants se destinant à l'enseignement, revalorisation des chaires déficitaires, groupes de travail chargés de revoir les normes de réussite d'ici septembre. Ce signal confirme que la question des fondamentaux en mathématiques n'est pas qu'un débat franco-français: elle traverse l'Europe, et elle commence souvent bien avant le collège.

Ce que nous pouvons consolider dès maintenant

Face à ce constat, aidons l'enfant à percevoir ses tables non comme une liste à réciter, mais comme un outil qu'on manipule jusqu'à le rendre familier. La manipulation concrète reste notre meilleur allié: dominos, jeux de cartes « bataille multiplicative », plaques sensorielles où l'on touche pour associer un produit à une aire rectangulaire. À chaque séance courte mais régulière, l'élève étaye son répertoire mental, et la charge cognitive libérée devient disponible pour les apprentissages nouveaux.

Pour les parents et les enseignants qui nous lisent, trois gestes simples à installer cette semaine:

  • Une routine de cinq minutes chaque jour, où l'on récite à voix haute dans un ordre varié (croissant, décroissant, en sautant les multiples de 3, puis de 7).
  • Un support tangible, comme un tableau à double entrée affiché dans la chambre, que l'on peut consulter sans culpabiliser — l'idée n'est pas de noter la performance, mais de nourrir l'ancrage.
  • Des liens avec les notions du collège: dès qu'une factorisation ou un calcul d'aire apparaît, revenir au produit de base qui la sous-tend.

Nous le remarquons souvent dans nos accompagnements: ce n'est pas la mémoire qui fait défaut aux jeunes, c'est l'étayage. En rebâtissant ce socle avec patience et bienveillance, on redonne à la génération Z les fondations sur lesquelles elle pourra enfin élever sa pensée mathématique.