London Eye tarifs : l'erreur de conversion et sa correction

Quand un élève de collège ouvre un exercice construit autour des tarifs du London Eye, l’obstacle ne se trouve presque jamais là où nous l’attendons.

London Eye tarifs : l'erreur de conversion et sa correction

London Eye tarifs: l'erreur de conversion et sa correction

Nous imaginons qu’il achoppera sur la proportion, sur la lecture d’un tableau à double entrée, sur la comparaison de deux offres tarifaires — et pourtant, lorsque nous lisons les copies, nous découvrons que la chaîne de raisonnement se brise bien plus tôt. Elle se brise à l’instant où le signe £ croise le signe €, là où l’élève doit, en silence, changer de monde monétaire pour continuer à compter.

London Eye

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Au guichet29 GBPEnfant 0 GBP
En lignedès 25.67 GBPselon l'option

Site officiel — londoneye.com

  • Durée de visite: 2–3 h

Tarifs indicatifs, susceptibles de changer — prix et disponibilités confirmés sur la page du partenaire.

Lien partenaire — billetterie GetYourGuide

Cette friction-là est ancienne, et elle est instructive. Elle nous montre qu’un exercice de proportionnalité ne vit jamais seul: il est toujours adossé à un contexte culturel qui, lui aussi, transporte ses propres pièges. Le London Eye, avec sa grande roue culminant à 135 mètres et ses 32 capsules vitrées, n’est pas seulement un monument célèbre; c’est, dans nos classes, un excellent terrain de jeu pour observer comment une donnée chiffrée peut se transformer en erreur de calcul dès qu’elle change de devise.

Avant de corriger un tarif, aidons l’élève à comprendre pourquoi une conversion peut, à elle seule, faire s’effondrer tout un raisonnement.

La structure tarifaire du London Eye: comprendre les variables

Pour qu’un exercice de mathématiques tienne debout, encore faut-il que les variables qu’il mobilise soient identifiées une à une. Or les tarifs du London Eye, comme ceux de beaucoup d’institutions touristiques londoniennes, ne se résument pas à un prix unique affiché sur un panneau. Ils se déploient en plusieurs dimensions que l’élève doit apprendre à démêler, faute de quoi il ne dispose que d’un nombre flottant, dépourvu de sens.

La première dimension est temporelle: le prix d’un billet dépend du moment où l’on achète. Réserver en ligne plusieurs jours à l’avance n’a pas le même coût qu’acheter son billet directement au guichet, le jour même. Cette distinction n’est pas un détail; elle est au cœur de nombreux problèmes que nous proposons en classe, parce qu’elle introduit une logique de décision: faut-il accepter de payer davantage pour avoir la certitude d’entrer tout de suite? Que gagne-t-on à anticiper? La différence annoncée est-elle donnée par billet, par personne ou pour l’ensemble du groupe?

La deuxième dimension est catégorielle: il n’existe pas un seul type de billet, mais plusieurs. Le billet Standard donne accès à la grande roue dans des conditions normales d’attente, tandis que le billet Fast Track ouvre un accès prioritaire qui raccourcit sensiblement le temps de file par rapport à un billet classique. Découvrir qu’un même site propose des expériences tarifaires hiérarchisées, c’est déjà préparer l’élève à raisonner sur des classes de service — un réflexe qu’il retrouvera plus tard dans des contextes très éloignés du tourisme londonien.

La troisième dimension, plus discrète, est logistique: la grande roue effectue un tour complet en une trentaine de minutes, ses capsules peuvent accueillir jusqu’à vingt-cinq personnes, et l’ensemble culmine à 135 mètres. Ces chiffres, qui n’ont l’air de rien, deviennent des données précieuses pour un problème. Le nombre de personnes par capsule, par exemple, permet de calculer combien de tours seront nécessaires pour faire entrer un groupe-classe. Le tour d’une trentaine de minutes, lui, peut être mis en relation avec un créneau horaire d’une journée de visite.

Il faut toutefois distinguer les données qui servent réellement au calcul de celles qui servent seulement à installer le contexte. La hauteur de la grande roue peut nourrir une question de conversion de mètres ou d’échelle, mais elle n’intervient pas dans le calcul du prix des billets. De la même façon, le nombre de capsules n’est utile que si l’énoncé demande de travailler sur la capacité ou sur l’organisation de la visite. Cette distinction est pédagogique: un élève doit apprendre à ne pas traiter chaque nombre rencontré comme une donnée à utiliser immédiatement.

Avant de poser une opération, il peut donc relever les éléments suivants:

  • le type de billet choisi;
  • le nombre de visiteurs concernés;
  • le mode d’achat, en ligne ou au guichet;
  • la devise dans laquelle chaque tarif est exprimé;
  • le taux de change fourni par l’énoncé;
  • la question exacte posée: coût individuel, coût total, économie réalisée ou comparaison.

Cette triple décomposition — temporelle, catégorielle, logistique — constitue le socle sur lequel nous allons bâtir nos exercices. Sans elle, l’élève ne voit qu’un prix flottant; avec elle, il voit un système.

Le piège de la conversion monétaire dans les problèmes de proportionnalité

Venons-en au cœur du sujet: la conversion entre la livre sterling et l’euro. C’est ici que, dans nos copies, nous observons le plus grand nombre d’erreurs silencieuses. Elles ne sont pas spectaculaires, elles ne font pas sourire; elles sont simplement inexactes, et elles contaminent tout le reste du calcul sans que personne ne s’en aperçoive de manière évidente.

La première erreur, la plus fréquente, est l’amnésie pure et simple: l’élève raisonne pendant trois lignes sur des livres sterling, puis termine son problème en euros comme si la conversion avait eu lieu toute seule. Le tarif paraît alors beaucoup plus attractif qu’il ne l’est en réalité, et toute la conclusion s’en trouve faussée. Cette erreur est intéressante parce qu’elle ne provient pas nécessairement d’un manque de compétence: elle peut venir d’une surcharge cognitive. L’élève, occupé à construire sa proportion, n’a plus de place mentale pour penser au changement d’unité monétaire, et la tâche glisse hors de son attention.

La deuxième erreur est l’assimilation: l’élève considère, sans le formuler, qu’une livre sterling vaut un euro. Il remplace donc directement un montant en GBP par le même nombre en EUR. Ce raccourci ne produit pas automatiquement une erreur qui doublerait ou diviserait le prix: l’écart dépend du taux de change utilisé. En revanche, il rend le résultat faux dès que le taux n’est pas égal à 1, et il peut passer inaperçu si le tarif obtenu semble vraisemblable.

La troisième erreur, plus rare mais plus tenace, est l’inversion du sens de conversion. L’élève sait qu’il faut convertir, mais applique le mauvais coefficient: il multiplie quand il faudrait diviser, ou l’inverse. Cette erreur survient typiquement chez les élèves qui ont compris qu’il faut faire quelque chose avec la livre sterling, mais qui n’ont pas stabilisé le raisonnement de proportion sous-jacent. Le geste technique est là, mais son sens s’est perdu en route.

Pour corriger ce point, il faut revenir à la définition du taux. Si l’énoncé indique:

1 GBP = 1,15 EUR

alors une somme exprimée en livres est convertie en euros en la multipliant par 1,15. Un billet à 30 GBP correspondrait ainsi, dans cet exemple, à:

30 × 1,15 = 34,50 EUR

Le contrôle de vraisemblance est alors cohérent: puisque, dans cet exemple, une livre vaut 1,15 euro, le montant numérique en euros est supérieur au montant numérique en livres. Pour effectuer la conversion inverse, d’euros vers livres, on divise par 1,15:

34,50 ÷ 1,15 = 30 GBP

Le sens de l’opération ne dépend donc pas du symbole choisi ni d’une intuition vague sur la monnaie. Il dépend de la manière dont le taux est écrit. Si l’énoncé donne 1 GBP = 1,15 EUR, on multiplie pour passer de GBP à EUR. S’il donne 1 EUR = 0,87 GBP, on utilise le coefficient correspondant à cette autre écriture. Dans les deux cas, les unités doivent être visibles avant le calcul.

Un tableau de proportion permet de rendre ce raisonnement plus concret:

Montant en GBP130
Montant en EUR1,15?

L’élève voit alors que le coefficient qui transforme les livres en euros est le même dans toute la ligne. Il peut écrire:

30 × 1,15 = 34,50 EUR

À l’inverse, si le taux fourni est formulé comme 1 EUR = 0,87 GBP, le tableau doit être construit dans l’autre sens:

Montant en EUR134,50
Montant en GBP0,87?

Ce n’est pas une question de préférence entre multiplication et division. C’est une question d’unités de départ et d’unités d’arrivée.

Une erreur de conversion n’est presque jamais un problème de calcul: c’est un problème de représentation mentale de la monnaie.

Comprendre l’origine de ces erreurs, c’est déjà préparer leur correction. Nous ne corrigeons pas un élève qui s’est trompé de la même manière qu’un élève qui n’a pas pensé du tout: le premier a mobilisé une procédure incomplète, le second n’en a mobilisé aucune. Notre travail consiste à repérer, derrière le résultat faux, le raisonnement qui a produit ce résultat — et à étayer ce raisonnement là où il a fléchi.

Analyse comparative: réservation en ligne versus guichet physique

Pour transformer cette réflexion en exercice concret, nous pouvons proposer aux élèves une comparaison structurée entre les deux modes d’achat du billet. Le tableau suivant condense les variables essentielles sans jamais figer les prix eux-mêmes — ces prix étant par nature mobiles, comme l’illustre d’ailleurs la tarification dynamique mise en place par la plateforme officielle.

Critère de comparaisonRéservation en ligneAchat au guichet sur place
Délai d’achatPlusieurs jours à l’avance conseillésLe jour même, dans la limite des places disponibles
File d’attenteOrganisation liée au créneau réservéAttente dépendant de l’affluence et de l’heure d’arrivée
Accès prioritairePossible via une option dédiée, comme Fast TrackPossible selon l’offre et la disponibilité
Anticipation du coûtPermet d’estimer la dépense avant le déplacementDépend du tarif affiché au moment de l’achat
Souplesse de la décisionComparaison possible entre plusieurs dates ou catégoriesDécision prise immédiatement, avec moins de recul
Données utiles pour le calculTarif par personne, date, catégorie et éventuelle réductionTarif au moment de l’achat, catégorie et nombre de billets

Ce que nous demandons alors aux élèves, c’est d’identifier, dans un énoncé donné, à quel mode d’achat correspondent les données fournies. Car un énoncé mal lu, c’est un exercice résolu à côté: si l’énoncé indique un prix sur place, utiliser un tarif en ligne fausse tout le raisonnement, même si la proportion est correctement posée.

La première difficulté consiste souvent à repérer le prix de référence. Un montant peut être annoncé pour une personne, pour un adulte, pour un enfant, pour un groupe ou pour une option particulière. L’élève doit donc résister à l’envie de multiplier immédiatement le premier nombre aperçu. Avant de calculer le tarif d’un groupe, il doit savoir ce que ce nombre représente.

La deuxième difficulté vient de la comparaison elle-même. Une différence de prix exprimée en livres n’est pas directement comparable à un budget exprimé en euros. Il faut d’abord choisir une devise commune. Si l’on compare deux tarifs tous les deux indiqués en GBP, la conversion peut attendre; si l’on confronte un prix en GBP à une enveloppe budgétaire en EUR, elle devient indispensable. Cette règle simple évite d’ajouter une opération inutile ou, au contraire, d’oublier celle qui est nécessaire.

La différence entre les deux modes, en termes de logique mathématique, est plus profonde qu’il n’y paraît. Le tarif en ligne introduit une dimension d’anticipation: l’élève doit comprendre que le prix disponible à une date donnée n’est pas forcément celui du jour de la visite, et qu’une politique de réservation modifie le montant de la dépense. Le tarif au guichet, lui, introduit une dimension d’instantanéité: le prix est celui qui est affiché au moment où l’on se présente.

Cette distinction, transposée à d’autres contextes — réservation d’un train, d’un avion, d’une chambre d’hôtel —, est une compétence transférable que le London Eye nous permet de travailler en classe, presque sans en avoir l’air. Le sujet apparent est le calcul tarifaire; le véritable enjeu est la lecture d’un système de conditions.

Méthodologie pour corriger les erreurs de calcul sur les devises

Une fois le diagnostic posé, reste à bâtir la procédure de correction. C’est ici que notre rôle d’accompagnateur prend tout son sens: nous ne corrigeons pas une erreur isolée, nous étayons un raisonnement. Voici les étapes que nous proposons systématiquement, et que nous invitons les élèves à intérioriser comme une habitude de travail.

1. Repérer l’unité monétaire de l’énoncé.

Avant toute opération, l’élève doit écrire clairement dans quelle devise s’expriment les tarifs fournis. Cette étape élimine déjà une partie des oublis. On peut demander que chaque résultat intermédiaire porte son unité: GBP ou EUR, et non un nombre laissé seul sur la feuille.

2. Identifier le mode d’achat.

L’énoncé indique-t-il un tarif en ligne, un tarif au guichet ou les deux? Cette précision change la nature de l’exercice et le type de comparaison attendue. Un exercice sur l’économie réalisée n’a de sens que si les deux tarifs sont présents et qu’ils correspondent à la même catégorie de billet.

3. Vérifier la base du tarif.

Le prix concerne-t-il une personne, un adulte, un enfant, un accompagnateur ou l’ensemble du groupe? Cette lecture évite de multiplier un tarif individuel par un nombre qui inclurait déjà plusieurs visiteurs. Elle oblige aussi à distinguer le nombre de personnes de la capacité d’une capsule: ce sont deux informations différentes.

4. Choisir le taux de change à utiliser.

Un taux de change n’est jamais une constante universelle. Dans un exercice de collège, il est généralement fourni dans l’énoncé; s’il ne l’est pas, l’élève doit utiliser la valeur de référence donnée par l’enseignant, sans chercher à en inventer une. Le taux doit surtout être recopié avec ses unités: par exemple, « 1 GBP correspond à 1,15 EUR ».

5. Écrire le sens de la conversion.

Il faut formuler la phrase avant de poser l’opération: « Je transforme des livres en euros » ou « Je transforme des euros en livres ». Cette formulation paraît élémentaire, mais elle rend visible une décision qui reste souvent implicite. Elle permet ensuite de choisir entre le coefficient direct et son inverse.

6. Contrôler le coefficient avec les unités.

Pour passer de GBP à EUR, on utilise un taux exprimant le nombre d’euros correspondant à une livre. Si 1 GBP = 1,15 EUR, alors le montant en GBP est multiplié par 1,15. Pour revenir des euros aux livres, on divise par 1,15. Le contrôle ne doit pas se fonder sur une phrase générale du type « la monnaie étrangère est forcément plus chère »: seule la valeur du taux fourni permet de juger l’ordre de grandeur.

7. Poser la proportion avant de calculer.

L’élève doit écrire l’égalité de proportion sous forme de tableau, en alignant bien les unités — livres d’un côté, euros de l’autre — avant de passer au calcul du coefficient. Trop de copies sautent cette étape et calculent au feeling, produisant des résultats parfois plausibles mais structurellement faux.

8. Convertir puis raisonner dans une unité commune.

Si l’exercice demande de comparer deux tarifs exprimés dans des devises différentes, la conversion doit être faite avant la comparaison. Il faut ensuite conserver la même unité jusqu’à la conclusion. Dire qu’une réservation coûte « moins cher » n’a de sens que si les deux montants ont été ramenés dans la même devise et concernent la même prestation.

9. Effectuer un contrôle inverse.

Un montant obtenu en euros peut être reconverti en livres pour vérifier la cohérence du calcul. Cette opération inverse n’est pas une nouvelle réponse à la question; c’est un outil de contrôle. Dans l’exemple précédent, 34,50 EUR reconvertis au taux de 1,15 EUR pour 1 GBP redonnent 30 GBP. Si le retour ne donne pas le montant initial, l’élève doit rechercher l’erreur avant de poursuivre.

10. Rédiger une réponse qui conserve les unités.

Une phrase finale comme « le groupe paie 966 » est incomplète. Il faut préciser la devise, le mode d’achat et, si nécessaire, la catégorie de billet. La rédaction n’est pas un supplément décoratif: elle révèle si le résultat obtenu a réellement été compris.

Chacune de ces étapes répond à une erreur précise que nous avons identifiée plus haut. Ce n’est pas une liste de conseils abstraits: c’est une réponse structurée à des blocages observés. C’est la différence entre donner une règle et étayer un apprentissage.

Application pédagogique: modéliser le coût d’une visite de groupe

Pour ancrer tout cela dans une situation vivante, rien ne vaut un exercice de modélisation d’une visite scolaire. Imaginons qu’une classe de vingt-huit élèves, accompagnée de trois adultes, souhaite accéder au London Eye. L’objectif n’est pas de produire un devis exact — les prix variant selon la date et le mode d’achat —, mais de bâtir une chaîne de raisonnement cohérente qui tienne debout, quel que soit le tarif retenu.

Premier temps: identifier ce que nous cherchons. Le coût total dépend du nombre de billets à acheter, lui-même fonction du nombre d’élèves et du nombre d’accompagnateurs. Dans cette situation, le groupe compte 31 personnes. Ce nombre ne doit pas être confondu avec le nombre de capsules, ni avec le nombre de tours: il indique seulement le nombre potentiel de billets nécessaires.

L’élève doit ensuite lire attentivement l’énoncé pour savoir si des conditions tarifaires particulières s’appliquent à la composition du groupe. Les adultes bénéficient-ils du même tarif que les élèves? Sont-ils inclus dans une offre de groupe? L’énoncé distingue-t-il plusieurs catégories? Tant que ces questions ne sont pas réglées, la multiplication du prix par 31 reste prématurée.

Deuxième temps: choisir le mode d’achat. Une classe qui réserve plusieurs semaines à l’avance aura accès au tarif en ligne, ce qui peut modifier la dépense budgétaire. Une classe qui décide au dernier moment devra composer avec le tarif au guichet, selon les conditions retenues dans l’exercice. Cette décision n’est pas neutre: elle modifie le montant total, et c’est précisément ce que la proportionnalité permet de mesurer.

On peut alors organiser les données dans un tableau de travail:

ÉlémentValeur à relever dans l’énoncé
Nombre d’élèves28
Nombre d’adultes3
Nombre total de visiteurs31
Catégorie de billetÀ déterminer
Mode d’achatEn ligne ou au guichet
Prix unitaireÀ relever
Devise du prixGBP ou EUR
Taux de conversionÀ relever s’il est nécessaire

Ce tableau ne remplace pas le raisonnement. Il l’empêche de partir dans plusieurs directions à la fois. L’élève peut y inscrire les données sans encore effectuer de calcul, puis décider de l’ordre des opérations.

Troisième temps: calculer le coût dans la devise du tarif. Si le prix individuel est exprimé en livres, on commence par multiplier ce prix par le nombre de billets correspondant à chaque catégorie. Si les 28 élèves et les 3 adultes ne paient pas le même montant, il faut calculer séparément les deux sous-totaux avant de les additionner. Cette étape est importante: un tarif de groupe ne doit pas être appliqué mécaniquement à chaque personne si l’énoncé le définit autrement.

Quatrième temps: convertir dans une unité commune. Si les tarifs sont en livres sterling et que le budget de l’établissement est exprimé en euros, la conversion devient indispensable. L’élève doit alors appliquer le taux fourni, vérifier le sens de l’opération et obtenir un coût total dans la bonne devise.

Prenons un taux fictif de travail, fourni explicitement par l’énoncé: 1 GBP = 1,15 EUR. Si le coût total calculé pour le groupe est de 420 GBP, la conversion s’écrit:

420 × 1,15 = 483 EUR

Le contrôle est alors double. D’une part, les unités sont correctes: le montant de départ était en GBP et le résultat est en EUR. D’autre part, l’ordre de grandeur est cohérent avec le taux choisi: chaque livre correspond à plus d’un euro dans cet exemple, le nombre exprimé en euros est donc supérieur. Il ne s’agit pas d’une règle valable pour tous les taux possibles, mais d’une conséquence directe du coefficient donné.

Cinquième temps: confronter au budget. Une fois le coût total obtenu, l’élève le compare au budget disponible. Cet arbitrage final est l’occasion de réinvestir tout le raisonnement précédent: si le coût dépasse le budget, faut-il choisir le tarif en ligne, modifier la catégorie de billet ou vérifier le nombre de personnes concernées? Le calcul ne décide pas à la place du groupe; il rend la décision lisible.

Sixième temps: interpréter le résultat. Un coût total n’est pas une conclusion suffisante. Il faut pouvoir expliquer comment il a été obtenu et ce qu’il signifie. Si l’écart entre le tarif en ligne et le tarif au guichet est calculé, l’élève doit préciser s’il s’agit d’une différence par personne ou pour l’ensemble du groupe. S’il compare une économie en livres à un budget en euros, il doit convertir l’un des deux montants avant de conclure.

Cette modélisation permet également de travailler les erreurs classiques de manière productive. On peut présenter trois résultats différents et demander aux élèves de les commenter:

  • un résultat obtenu sans conversion, alors que le budget est en euros;
  • un résultat converti avec le coefficient inverse;
  • un résultat correctement converti, mais multiplié par le mauvais nombre de personnes.

L’objectif n’est pas seulement de trouver le bon nombre. Il est de relier chaque résultat à une erreur précise. Un élève qui obtient 420 au lieu de 483 n’a peut-être pas oublié de calculer: il a simplement conservé le montant en GBP en le présentant comme un montant en EUR. Un autre qui divise par 1,15 a peut-être utilisé la conversion EUR vers GBP alors que la question demandait le passage inverse. Le nombre faux devient alors une trace exploitable du raisonnement.

Ce qui s’apprend avec le London Eye, ce ne sont pas seulement des tarifs: c’est une manière de raisonner face à un énoncé chiffré venu d’ailleurs.

Au fil de ces étapes, l’élève ne manipule pas seulement des nombres: il manipule un contexte, une culture monétaire, un système d’offres. C’est cette manipulation globale qui construit la compétence, bien plus sûrement que la répétition de calculs isolés, où le sens finit toujours par s’évaporer.

Ce que cet exercice nous apprend, au-delà des tarifs

Nous voudrions, en conclusion, prendre un peu de recul sur ce que ce type d’exercice révèle de notre enseignement. Le London Eye n’est qu’un prétexte, et c’est précisément ce qui en fait la richesse. En confrontant nos élèves à un objet culturel lointain, dont l’unité monétaire n’est pas la leur, nous les obligeons à ralentir, à décomposer, à vérifier. Nous les obligeons, en somme, à devenir des lecteurs attentifs d’énoncés — là où, bien souvent, ils ne sont que des exécuteurs pressés de procédures.

Les erreurs que nous observons — oubli de la conversion, assimilation des deux devises, inversion du coefficient — ne sont pas des fautes à sanctionner isolément, mais des indicateurs d’apprentissage. Elles nous disent où la progression bute, où l’ancrage n’a pas encore eu lieu, où il faut reprendre l’étayage avec patience. Une erreur de sens sur le taux ne se corrige pas seulement en donnant la bonne opération. Il faut revenir aux unités, réécrire la relation entre les monnaies et montrer pourquoi le coefficient choisi transforme bien la devise de départ en devise d’arrivée.

Ce point mérite une attention particulière, car les élèves ont tendance à chercher une règle définitive: toujours multiplier, toujours diviser, toujours obtenir un nombre plus grand ou toujours obtenir un nombre plus petit. Or aucune de ces formulations ne suffit. La bonne question est plus exigeante et plus solide: que signifie exactement le taux écrit dans l’énoncé? Quelle unité accompagne le nombre de départ? Quelle unité doit accompagner le résultat? Une fois ces trois éléments posés, l’opération cesse d’être un geste appris par cœur.

Nous proposons donc, à toute enseignante ou tout enseignant qui souhaiterait prolonger ce travail, de varier les contextes: un trajet en Eurostar, une excursion à Édimbourg, un séjour à Dublin, une lecture de menu à New York. Chaque fois, le même squelette mathématique — proportionnalité, conversion, comparaison, mise en regard d’un budget — devra être réinvesti dans une chair différente. Il faudra toutefois conserver la même exigence: ne pas présenter un taux de change sans préciser son sens, ne pas mélanger les unités et ne pas transformer une estimation en tarif officiel.

On peut aussi varier les erreurs proposées aux élèves. Dans un exercice, le taux sera correctement recopié mais utilisé à l’envers. Dans un autre, le tarif sera juste, mais le nombre de billets sera mal identifié. Dans un troisième, les deux montants seront correctement calculés, mais comparés avant conversion. Cette progression a un avantage: elle montre que la proportionnalité n’est pas une formule isolée. Elle s’appuie sur la lecture, sur les unités, sur la sélection des informations et sur l’interprétation du résultat.

Le London Eye, avec ses 135 mètres de hauteur et ses capsules vitrées qui tournent lentement au-dessus de la Tamise, restera pour nos élèves un souvenir marquant de leur scolarité. Pour nous, enseignants, il restera surtout un excellent révélateur: celui de la solidité réelle de leur raisonnement, dès lors qu’une livre sterling vient traverser une proportion.

Infos pratiques

Monnaie : GBP

Conduite : à gauche

Numéro d'urgence : 112

Faits clés

Construction : 1999

Architecte : Julia Barfield

Hauteur : 135 m

Site officiel : londoneye.com

à partir de 25.67 GBPRéserver des billets

Questions fréquentes

Comment convertir des livres sterling en euros dans un exercice de proportionnalité ?
Si l’énoncé indique 1 GBP = 1,15 EUR, il faut multiplier le montant en livres par 1,15. Ainsi, 30 GBP correspondent à 34,50 EUR dans cet exemple.
Faut-il multiplier ou diviser pour convertir une devise ?
Le choix dépend du sens du taux et des unités de départ et d’arrivée. Avec 1 GBP = 1,15 EUR, on multiplie pour passer des GBP aux EUR et on divise par 1,15 pour effectuer la conversion inverse.
Quelles sont les erreurs fréquentes lors de la conversion des tarifs du London Eye ?
Les erreurs les plus courantes sont l’oubli de la conversion, l’assimilation d’une livre à un euro et l’utilisation du coefficient dans le mauvais sens. Elles peuvent fausser toute la comparaison ou le coût total.
Comment comparer un tarif en ligne et un tarif au guichet ?
Il faut d’abord vérifier qu’ils correspondent à la même catégorie de billet, puis les exprimer dans la même devise si nécessaire. La réservation en ligne se fait plusieurs jours à l’avance, tandis que l’achat au guichet concerne le jour même, dans la limite des places disponibles.
Combien de visiteurs compte le groupe composé de 28 élèves et de 3 adultes ?
Le groupe compte 31 personnes. Ce nombre indique le nombre potentiel de billets nécessaires, mais il faut encore vérifier les catégories et les conditions tarifaires applicables.

Photo: Christian David / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons