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Apprendre les mathématiques par le jeu : une méthode concrète pour le collège

D'après le Département de la Seine-Saint-Denis, 30 classes de collège bénéficieront en 2026-2027 de parcours sciences et mathématiques déployés en partenariat avec l'association Science Ouverte.

Apprendre les mathématiques par le jeu : une méthode concrète pour le collège

Les mathématiques en mode ludique

Pour un lecteur de niveau collège qui veut reproduire la méthode, l'enjeu est algorithmique: transformer une manipulation en notion acquise, en boucle entrée–traitement–sortie. L'opération vise à éveiller la curiosité des élèves et à lutter contre les stéréotypes de genre dans l'orientation scientifique.

La séquence reproductible

L'association Science Ouverte, installée à Drancy, applique depuis 2005 une structure d'atelier en trois temps:

1. Déclencheur concret. Manipulation, sortie ou exposition. Les élèves du collège Politzer à La Courneuve ont par exemple travaillé les fractions au printemps dernier, avant une sortie au Salon Culture et Jeux mathématiques à Paris.

2. Expérimentation encadrée. La directrice Anaëlle Soulebeau résume l'offre: « Nous organisons des stages, ateliers, animations et conférences sur la chimie, la robotique, la physique, la biodiversité… auprès d'adolescent·es mais aussi du grand public au château de Ladoucette, dans nos locaux des quartiers prioritaires à Drancy et au sein d'universités franciliennes ».

3. Formalisation. Passage au symbole, à la règle écrite, au test. C'est l'étape que les animations grand public omettent le plus souvent.

La structure compte 6 médiateur·rices et une soixantaine de bénévoles. Elle intervient déjà dans les établissements scolaires: selon Zoé Pachevie, chargée de projet de la collectivité, un club science fonctionne sur la pause méridienne dans un collège de Noisy-le-Grand, dans le cadre du Projet éducatif départemental.

L'erreur d'inattention à neutraliser

Piège classique: confondre « ludique » et « sans objectif ». Donc, à chaque atelier, on fixe trois variables:

  • Entrée: la notion visée (fractions, aires, angles, priorités opératoires).
  • Sortie: un critère de réussite observable (résultat numérique, mesure, comparaison).
  • Itérations: nombre de manipulations nécessaires avant d'atteindre la sortie.

Si l'une de ces variables manque, l'activité reste du divertissement. Le Département indique que les parcours visent à compléter les enseignements en proposant d'autres méthodes de travail et à contribuer à lutter contre les stéréotypes de genre dans l'orientation.

Test de vérification

Pour valider la méthode sur une notion du programme:

1. Choisir une notion (ex.: angles d'un triangle).

2. Définir le déclencheur concret: un origami, un rapporteur imprimé, une mesure réelle.

3. Mesurer trois angles, noter les valeurs.

4. Vérifier que la somme vaut 180°.

5. Si la vérification échoue, revenir à l'étape 2 et augmenter le nombre d'itérations.

Résultat attendu: la notion est acquise par manipulation puis formalisée, comme dans la boucle entrée–traitement–sortie d'un programme. Anaëlle Soulebeau cite l'exemple d'une ancienne bénéficiaire désormais post-doctorante au Centre européen de météorologie en Angleterre — trajectoire qui justifie, selon le Département, la généralisation prévue à 30 classes pour 2026-2027.